Il y a la scène recouverte d’une fine pellicule d’eau. Il y a un aquarium d’où les protagonistes tentent de reprendre leur souffle. Il y a le visage de cette femme en gros plan égrainant une sorte de journal plus clinique qu’intime. Il y a ces autres femmes, peut-être des reflets, qui dansent ou plutôt qui fragilisent le texte en l’incorporant, l’exposant à ses propres aphonies. Il y a cet homme, peut-être un psychiatre, qui s’exerce au scalpel de l’analyse. Il y a deux observateurs : un guitariste et un saxophoniste.

C’est probablement parce que j’ai une profonde aversion pour les formes théâtrales naturalistes, les interprétations et les jeux à dominante psychologique, que le livre lui-même, l’objet papier, sa langue et sa syntaxe se trouvent être au coeur de la dramaturgie de cette création.
Il s’agit donc de donner à entendre un texte inscrit sur quelques feuilles, 47 exactement, portant des signes destinés à être lus. Je répète : Ni psychologie ni personnage mais de l’encre et du papier.
En psychiatrie, l’oralité, c’est la tendance à porter à la bouche, à lécher, à manger toutes sortes d’objets. La question est de savoir si, par extension, oraliser un texte s’apparente à cette tendance.
Plus encore la question est de savoir comment peut-on incorporer un texte, comment peut-on en livrer ses densités et ses intensités par et dans le corps, par et avec la danse.
Mettre en scène 4.48 PSYCHOSE consiste finalement à l’inspirer et à l’expirer, à l’explorer par et avec le souffle, quand bien même certains passages ne peuvent s’exprimer que par le bruissement du corps dans l’effort ou par l’apnée la plus prolongée possible. C’est à dire celle où le corps retrouve son urgence, sa pulsion de vie : la respiration.
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• Nécessite un plateau de 10m d’ouverture avec gril technique à 5m50 de haut.
• Montage la veille de la représentation
ÉQUIPE ARTISTIQUE :
Conception : Thierry Escarmant / Mise en scène et Chorégraphie : Thierry Escarmant / Interprétation et composition musicale : Ryan Kernoa / Musique improvisée : Akosh Szelevenyi / Texte et Danse : Fanny Avram, Gilbert Traïna, Julie Dardey, Cécile Lefèvre, Laura Petrosino, Guillaume Milhac / Vidéo-projections : Médéric Grandet / Scénographie, Lumières et Assistant : Guillaume Pons / Régies Techniques : Jean-Pierre Legout et Jean-Michel Noel / Graphiste : Jean-Marc Saint-Paul
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PARTENAIRES :
Production : Écrire un Mouvement - Enfin le Jour / Co-Production : La Centrifugeuse (Service Culturel de l’Université de Pau) / CCN Ballet Biarritz (Accueil Studio) / Soutien : Office Artistique de la Région Aquitaine Partenaires : Ville de Pau / Conseil Général des Pyrénées Atlantiques / Conseil Régional d’Aquitaine / Ministère de la Culture - DRAC Aquitaine / Scène de Musique Actuelle Ampli.La première de cette création fût présentée en Août 2005 dans le cadre du festival "L’été à Pau"
Sarah Kane, dramaturge britannique, est née le 3 février 1971 à Brentwood dans l’Essex et est décédée le 20 février 1999. Elle a étudié le théâtre à l’Université de Bristol, dont elle fut brillamment diplômée, puis à l’Université de Birmingham. Ses pièces suscitèrent un scandale au Royal Court Theatre, et notamment Blasted (Anéantis), qui évoquait de façon crue et surprenante la violence du monde actuel à travers une histoire entre un journaliste grisonnant et une jeune fille naïve dont il abuse. L’intérêt de la pièce réside dans le rapprochement entre la violence « morale » et proche de la scène d’hôtel, et la violence lointaine de la guerre de Bosnie qui fait irruption dans la pièce en la personne d’un jeune soldat désabusé. Les critiques accablèrent la pièce et son auteur (« l’œuvre d’une ado suicidaire et frustrée »), malgré le soutien de nombreux artistes et notamment d’Edward Bond et de Harold Pinter.
Elle est également l’auteure de Phaedra’s Love (L’amour de Phèdre), Cleansed (Purifiés), Crave (Manque) et 4.48 Psychosis (4.48 Psychose) - où elle se livre plus que jamais. Le titre fait référence à 4h48 du matin, heure où elle se réveillait et où le désespoir se faisait le plus fort.
Sarah Kane se suicida à l’âge de 28 ans (en se pendant avec ses lacets dans les toilettes d’un hôpital) en 1999, un an avant la sortie de 4.48 Psychosis. Depuis quelques années, plusieurs critiques reconnaissent avoir mal jugé Sarah Kane et ses pièces connaissent un nouvel engouement.
« Je viens de me mettre au travail sur une nouvelle pièce dans laquelle il s’agit de la division entre la conscience et le corps. Pour moi la folie est liée à cette déchirure, et l’on n’a de chance de retrouver ce que l’on appelle son bon sens que si l’on se raccroche à soi-même, du point de vue spirituel, corporel, émotionnel. » / (Entretien de Sarah Kane avec Nils Tabert, février 1998)



